Décès de Robert Hossein
L'acteur français Robert Hossein est mort à l'âge de 93 ans le 31 décembre 2020 des suites d'une infection respiratoire.
Biographie
Né Abraham Hosseinoff le 30 décembre 1927 à Paris, il est le fils du compositeur d'Ouzbékistan André Hossein, et d'Anna Mincovschi, comédienne juive moldave, qui avait quitter la Russie soviétique pour migrer en Europe et travallait aussi comme couturière.
Son enfance est décousue, il est placé en pension et ses parents ne payant pas toujours la facture. Le jeune Hossein change souvent d'établissement, subissant les brimades de ses camarades, qui le traitent de « Russkoff », de « Russecouille », s'enfermant dans un monde de rêveries etd'histoires qu'il invente, qui nourriront plus tard sa formidable créativité; son seul point d'attache et d'ancrage reste sa mère, dont il admire la classe.
Une fois son certificat d'études obtenu, il veut être comédien pour devenir "une vedette". Il prend des cours de théâtre, auprès notamment de René Simon et de Tania Balachova, et obtient son premier succès d'estime à 19 ans, grâce à un rôle dans la pièce Les voyous (en 1949). Il fréquente surtout les bandes de Saint-Germain-des-Prés, vivant tel un bohème, il est hébergé par les copains et copines. Il croise Michèle Morgan, Boris Vian, Sartre ou encore Roger Vadim et court le cacheton en décrochant des petits rôles... « J'ai fait mes classes dans la rue », résumera-t-il un jour.
Après son service militaire, qui le remet dans le droit chemin, il se fait remarquer dans la pièce Du plomb pour ces demoiselles, en 1953, de l'écrivain Frédéric Dard, qui le prend sous son aile. Mais sa notoriété décolle surtout en 1954 avec Responsabilité limitée, une pièce qu'il écrit, avec en tête d'affiche Jean Rochefort et Jean-Louis Trintignant.
Avec sa tête de voyou, il enchaîne les rôles de gangsters ou de policiers et rêve de devenir le Bogart à la française. Mais pour tous, il reste surtout le balafré Joffrey de Peyrac dans la série des Angélique (entre 1964 et 1968), une gueule cassée très populaire, mais qui lui colle forcément à la peau.
Il tournera au cinéma sous la direction de Sacha Guitry, Jules Dassin, Yves Allégret, Alexandre Astruc, Edouard Molinaro, Nadine Trintignant, Christian-Jaque, CLaude Autant-Lara, Julien Duvivier et sera l'un des acteurs fétiches de Roger Vadim.
En 1970, il quitte Paris et s'éloigne du cinéma pour fonder le théâtre populaire de Reims, expérimentant un théâtre traité comme un véritable spectacle cinématographique.Le milieu se moque de lui, mais il s'accroche et convainc Jacques Weber, prix d'excellence du conservatoire, de faire parti de sa troupe. D'autres désormais grands noms se formeront sur les planches de son théâtre: Isabelle Huppert, Jacques Villeret, Jean-François Balmer, Francis Huster, et surtout, Isabelle Adjani qui sera consacrée grâce à la pièce La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca (elle entrera aussitôt après à la Comédie Française).
Pour la première de Crime et châtiment, en 1971, les mille spectateurs applaudissent quarante minutes debout devant des comédiens en pleurs. Le pari est gagné, mais son école modèle ne durera que quelques années, faute d'argent.
À son retour à Paris, Hossein s'est lancé dans une série de grands spectacles au Palais des Sports et du Palais des congrès de Paris, où le public est invité à prendre parti : Le Cuirassé Potemkine, Notre-Dame de Paris, ou bien encore Danton et Robespierre, Jules César et Marie-Antoinette, où le public est invité à participer au procés. La comédie musicale Les Misérables connaît un grand succès, et est même reprise à Broadway. Ses projets sont faramineux, coûtent beaucoup d'argent et le succès est toujours au rendez-vous. Le plus grandiose sera Ben Hur au stade de France. Souvent critiqué par l'élite parisienne, il d'aclarait que « Le théâtre, c'est une chose qui ne doit pas être emmerdante. Je le hurle, je le déclare, quitte à passer pour un simpliste et un primaire. Je ne travaille pas pour une élite, pour des gens qui ont la chance de savoir et sont totalement disponibles intellectuellement. »
De 2000 à 2008, il a dirigé le théâtre Marigny. Depuis 2015, avec Stéphane Bern et Eve Ruggièri, il prêtait sa voix à la narration du spectacle Le Fabuleux Noël du Château de Maintenon dans la scène retraçant la venue de Churchill au quartier général que l'amiral Darlan y avait installé.
Côté privé, sa vie sera tout aussi passionnée:
En 1955, il épouse Marina Vlady, d'originie russe; elle a 16 ans, il en a 28 et ce fut le coup de foudre, il la fait tourner dans plusieurs films (Toi le venin, La Nuit des espions), elle réveille son côté slave et bohème, ils ont deux fils, Igor et Pierre, et se quittent avec Les Canailles, de Maurice Labro (en 1960).
En 1962, nouveau scandale: il épouse Caroline Eliacheff, alors âgée de 15 ans, fille de la journaliste Françoise Giroud. Ils ont un fils, Nicolas (devenu Aaron Eliacheff, rabbin à Strasbourg), puis ils divorcent.
En 1973, il partage la vie d'une jeune comédienne âgée de 22 ans, Michèle Watrin. Mais le 2 août 1974, ils sont en rout epour assister à un mariage: c'est Michèle qui conduit, et Robert est le passager. Leur voiture percute un camion. Il n'a pas sa ceinture de sécurité et sera ejecté du véhicule; mas Michèle reste bloquer dans le véhicule pendant qu'il s'embrase: gravement blessé, il verra sa compagne mourir brûler vive devant ses yeux.
En 1976, il rencontre et se marie avec la comédienne Candice Patou, sa dernière compagne et mère de son fils Julien. « Elle m'a apporté la stabilité », confiait-il avec tendresse.
Robert Hossein et Brigitte Bardot ont partagé l'affiche
dans deux films de Roger Vadim:
Le Repos du guerrier en 1962
et Don Juan 73 en 1973
Sur son twitter officiel, BB a posté ce mot rendant hommage à l'acteur:
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Décès de Claude Bolling
Le musicien Claude Bolling est mort à l'âge de 90 ans le 29 décembre 2020. Pianiste de jazz, chef d'orchestre, compositeur et arrangeur français.
Biographie
Né le 10 avril 1930 à Cannes, Claude Jean Harry Bolling étudie au conservatoire de Nice puis à Paris. Enfant prodige, il joue dès l'âge de 14 ans de façon professionnelle avec Lionel Hampton et participe aux concerts organisés par le Hot Club de France à l'Ecole normale musique de Paris. En 1948, à la Grande semaine du jazz, il accompagne Chippie Hill. Au début des années 1950, il joue et enregistre avec Roy Eldridge (Fireworks) et Kenny Clarke. Son orchestre, le Claude Bolling Big Band, est fondé en 1956.
Le 4 juillet 1959, il épouse la journaliste Irène Dervize-Sadyker (décédée le 13 décembre 2017) avec qui il adopte deux fils, David, né en 1968, et Alexandre, né en 1969.
Il compose des hybrides jazz-classique, notamment la Suite pour flûte et jazz piano trio (1973) enregistrée avec le flûtiste Jean-Pierre Rampal en 1975. Il compose une seconde suite pour flûte quelques années plus tard : Suite pour Flûte & Jazz Piano Trio no 2 (1987), puis, avec notamment Alexandre Lagoya (Concerto pour Guitare & Jazz Piano Trio, 1975), Pinchas Zukerman (Suite pour Violon & Jazz Piano Trio, 1977), Maurice André (Toot Suite - Pour Trompette & Jazz Piano trio, 1981) et Yo-Yo Ma (Suite pour Violoncelle & Jazz Piano Trio, 1984). Dans Picnic suite pour flûte, guitare et jazz piano trio (1980), il réunit Jean-Pierre Rampal et Alexandre Lagoya autour de son trio jazz. Sa Toot Suite pour trompette et piano jazz est enregistrée en formation trio jazz avec Maurice André.
Il est appelé sur toutes les chaînes de télévision en France et dans tous les pays qu'il visite pour ses concerts, il représente le jazz français comme personne d'autre. En 1984, il est invité par la productrice franco-canadienne Véronique Perez à participer à une rencontre unique sur la scène du Centre national des Arts d'Ottawa, accompagné d'Oscar Peterson et de Michel Legrand, pour une série de solos, duos et trios. Ce spectacle rencontre un immense succès, est enregistré par la CBC et est vendu et diffusé dans presque tous les pays en plus d'être acheté par Air Canada pour être diffusé sur ses vols. En 1985, le International Film & TV Festival de New-York couronne ce spectacle d'une médaille de bronze pour Véronique Perez en tant que conceptrice et réalisatrice.
Il est à l'origine de la création d'un quatuor féminin au style yéyé qui collectionnera les tubes dans les années 1960, Les Parisiennes. Il leur fournit ses compositions, des arrangements, des clips, etc. Parmi leurs titres les plus connus figurent Il fait trop beau pour travailler, Le 30 février, L'argent ne fait pas le bonheur, Quand il y aura le tunnel sous la Manche. Claude Bolling apparaît même, fouet en main, habillé en dompteur de cirque avec les quatre filles en tenues « panthère » pour une séquence photo publiée dans le magazine Paris Match en 1969.
Il compose l'indicatif sonore de France Inter ORTF « 24h/24 » (car la radio diffusait des programmes 24 heures sur 24) et de son réseau Inter (radios locales) en 1964. L'indicatif retentira à l'antenne d'abord jusqu'en 1975 au moment du passage de l'ORTF à Radio France puis de 1975 à 1982 dans une version plus électronique.
Dans les années 1970 et les 1980, il compose une centaine de bandes originales de films, français pour la plupart, dont la plus célèbre est celle du film Borsalino.
Passionné de modélisme ferroviaire et du chemin de fer, surtout américain, il inaugure le 2 juillet 1988 à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) le musée du chemin de fer HistoRail, dont il est président d'honneur. Il est aussi le parrain d'une école de musique intercommunale située à Trouville-sur-Mer (Calvados) qui porte son nom.
Pour Brigitte Bardot, Claude Bolling arrange "La Madrague" et signe, dès 1963, l'arrangement de plusieurs de ses chansons, notamment pour le show télé "Bonne Année Brigitte" (il lui compose "Invitango", "Noir et Blanc" et "Faite pour dormir"). Ils se sont rencontrés à Saint Tropez, sont restés amis toute la vie et BB le surnommait "Dubol".
Bouleversée, BB lui rend hommage en publiant sur internet ce petit mot d'hommage
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Décès de Pierre Cardin
Le célèbre couturier Pierre Cardin est mort à l'âge de 98 ans le 29 décembre 2020.
Biographie
Né le 2 juillet 1922 en Italie, sous le nom de Pietro Costante Cardin, le petit dernier d'une fratrie de 10 anfants de parents agriculteurs vénitiens d'une grande pauvreté, la famille émigre en France à Saint Etienne au milieu des années 1920s.
En 1936, c'est âgé seulement de 14 ans, que Pierre Cardin débute son apprentissage chez Bonpuis, un tailleur pour hommes à Saint-Étienne: il y débute comme comptable puis coupeur. Après un passage chez Manby, un tailleur à Vichy, il s'installe à Paris.
Vers la fin de la guerre, il débute chez Jeanne Paquin qui lui fait rencontrer Jean Cocteau et Christian Bérard, avec qui il réalise des costumes et des masques - en assistant Marcel Escoffier et Christian Bérard - pour le film La Belle et la Bête en 1946.
Après un passage éclair chez Elsa Schiaparelli, il devient le premier tailleur de la maison Christian Dior lors de son ouverture en décembre 1946, participant ainsi au succès du « tailleur Bar », qui d'après le célèbre magazine de mode américain Harper's Bazaar, définit le "New Look" de Christian Dior. Il quitte la maison Dior sur un coup de tête trois ans après.
En 1950, au 10, rue Richepanse, il rachète la maison Pascaud, alors spécialisée dans les costumes de scène, pour y ouvrir sa propre maison de couture. Il gardera ainsi sa double activité créatrice : les costumes de scène ainsi que des créations de haute couture plus tard. Il crée des costumes pour les bals, fêtes somptueuses d'après guerre, ainsi que des manteaux et tailleurs qui restent sa spécialité. Progressivement, sa clientèle s’agrandit. Sa première collection voit le jour trois ans plus tard en 1953, il y montre rue du Faubourg-Saint-Honoré des manteaux et des tailleurs d’une coupe impeccable, associant inventivité et sens du détail. Il ouvre sa première boutique Eve en 1954, suivie d'Adam en 1957. C'est d'ailleurs en 1957 qu'il triomphe avec la présentation d'une collection de 120 vêtements et devient membre de la Chambre syndicale de la couture parisienne. La ligne pour homme, lancée à la fin des années 1950, révolutionne la mode masculine, alliant confort et élégance.
Considéré comme un précurseur, Pierre Cardin souhaite alors poser les bases d'une production de prêt-à-porter en parallèle à la haute couture. Il ne croit pas au modèle économique d'une haute couture élitiste. Pour les grands couturiers traditionnels, attachés à séparer la mode haut de gamme de la mode populaire, c'est un énorme scandale. Il persiste et signe en présentant en 1959, une collection de prêt-à-porter luxueux au Printemps: il sera ainsi le premier couturier à présenter un défilé de prêt-à-porter inspiré de la haute couture, qui plus est dans un grand magasin. Et en 1961, il crée une ligne à la demande du Printemps qui doit être commercialisée sous le nom du grand magasin ; c'est un échec commercial et il se met à nouveau à dos la profession mais devient connu mondialement, car plusieurs journalistes de mode se rangent de son côté en le soutenant: Lucien François (Combat), Viviane Greymour et Janie Samet (Le Figaro), Alice Chavannes de Dalmassy (Elle - d'ailleurs le magazine Elle organise une campagne de presse pour le soutenir), Diana Vreeland (Vogue) et Eugenia Sheppard (New York Herald Tribune). Tous les grands magasins du monde lui offrent un espace et le nombre de produits sous licence augmente à grande vitesse.
De la robe bulle au costume Mao, de la mode cosmonaute à la mode unisexe, de la chasuble à découpe hublot à la robe moulée en fibres synthétiques, Pierre Cardin témoigne d’un appétit féroce pour l’expérimentation. Ses formes construisent des silhouettes géométriques à base de ronds et de triangles ; leur volume sculptural impose au corps de s’y adapter.
Précurseur, il importe à Paris l'art de vivre japonais et le fait vivre dans ses collections. Un voyage en 1957 au Japon sera décisif pour cette rencontre avec la culture japonaise. Il y fait la connaissance de Hiroko Matsumoto, mannequin japonais qui l'accompagne à Paris et deviendra sa maîtresse, sa muse et son égérie pendant près de dix ans; bien qu'il revendiquera son homosexualité.
Il travaille aussi pour les artistes: en 1963, il crée les fameux costumes de scène, une veste sans col, des Beatles. En 1961, il crée les costumes féminins pour le film La Princesse de Clèves de Jean Delannoy; il habille John Steed pour la série télévisée Chapeau melon et bottes de cuir en 1967. En 1968, il crée l'uniforme des hôtesses de l'air, personnel navigant commercial d'UTA.
En 1966, allant une fois de plus à l'encontre des règles ancestrales de la Chambre syndicale en refusant de respecter le calendrier édicté au sujet de la remise à la presse de certains documents, Pierre Cardin fait parvenir une lettr/e de démission qui est acceptée. Dans les années 1970, le succès de sa ligne masculine va jusqu'aux États-Unis, les lignes féminines sont déjà partout dans le monde (il a organisé plusieurs coups médiatiques, comme un défilé dans le désert de Gobi ou un autre sur la place Rouge de Moscou) ; cet immense succès va perdurer jusque dans les années 1980. Au début de ces années là, le nombre de licences est estimé à plus de 500: vampirisant la couture et la création, la perte d'image se fait cependant sentir.
Aussi designer, il présente dès 1970 une collection de meubles.
Mécène, il crée l'Espace Cardin en 1971 dans l'ancien théâtre des Ambassadeurs à Paris, où se produisent des artistes comme Marlène Dietrich, Bob Wilson, Gérard Depardieu, Jeanne Moreau (avec laquelle il a une liaison de 4 ans), de nombreux groupes de jazz et de rock, le Pilobolus.
Il s'attelle à la réhabilitation du château du marquis de Sade, à Lacoste (dans le Vaucluse) où il organise chaque année un festival. Il s'intéresse aussi au village dont il veut faire un « Saint-Tropez local de la culture ». Pour ce faire, il achète une quarantaine de maisons, une dizaine de boutiques et quarante hectares de terre qu’il laisse inexploitées. Il transforme ce village en un village-musée. Homme d'affaires, gastronome et amoureux de l'art, Cardin devient en 1981 le propriétaire du restaurant Maxim's de Paris et s'implique personnellement dans le renouveau de l'établissement.
En 1992, il est le premier couturier à être élu membre de l'Académie des beaux-arts (France) et dessine lui-même son épée d'académicien. À la suite de la mort du graveur Pierre-Yves Trémois, il en devient le doyen d'âge le 16 août 2020. Il est aussi membre d'honneur de l'Académie des beaux-arts russe depuis 2008.
Brigitte Bardot a porté plusieurs vêtements signés Pierre Cardin:
En 1961, en tailleur vert foncé Cardin pour le magazine Elle du 01/09/61
En 1966, le créateur signe la robe de mariée à plumes du film A Coeur Joie
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Décès de Claude Brasseur
L'acteur français Claude Brasseur est mort à l'âge de 84 ans le 22 décembre 2020. Issu d’une dynastie de comédiens, il a joué dans une centaine de films (il a reçu deux Césars) et de nombreuses pièces de théâtre.
Biographie
Claude Brasseur est le fils de Pierre Brasseur et d'Odette Joyeux, et le père d'Alexandre Brasseur. Il est issu d'une dynastie de comédiens remontant à 1820.
Né à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le 15 juin 1936, il grandit entouré de têtes couronnées, Malraux, Jouvet, Sartre, Casarès… parmi lesquelles un ami de son père nommé Ernest Hemingway, qui est son parrain. Mais l’évocation de son enfance sera toujours douloureuse : ses parents ne s’occupent pas de lui. « Je n’ai aucun souvenir de ma vie avec eux et je dois dire que je m’en fous. » Ces parents égocentriques vont se séparer très vite, Odette Joyeux conservant un tel mauvais souvenir de Pierre Brasseur qu’elle en voudra à son fils d’adopter son nom pour sa carrière.
Placé en pension, il côtoie Philippe Noiret, Jean-Jacques Debout, et Jacques Mesrine. Peu porté sur les études, qu’il abandonne en classe de seconde, le gamin n’ose pas avouer qu’il a envie d’être acteur. Grâce à son père, le voilà journaliste à Paris Match, assistant du photographe Walter Carone. C’est en allant interviewer Elvire Popesco, vedette de comédies de boulevard, qu’il voit son destin basculer : « Tu ne peux pas rester journaliste avec un nom pareil, lui dit la comédienne. Il faut que tu sois acteur ! » Et celle qui vient d’acheter le Théâtre de Paris lui signe illico un contrat, pour qu’il interprète trois rôles en 1955 dans la pièce Judas de Marcel Pagnol, qu’elle s’apprête à monter : charpentier, apôtre et frère de Judas, avec fausse barbe. Sa performance lui vaut d'entrer au Conservatoire, où il côtoie entre autre Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort.
L'année suivante, il débute au cinéma et tourne avec les plus grands réalisateurs de l'époque, notamment Georges Franju, Marcel Carné et Jean Renoir, mais c'est la télévision qui lui offre ses premiers grands rôles: Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune de Jean Kerchbron et Sganarelle dans Dom Juan ou le Festin de pierre de Marcel Bluwal en 1965, et surtout François Vidocq dans Les Nouvelles Aventures de Vidocq de 1971 à 1973.
Il tourne aussi avec son père Pierre Brasseur dans Les Yeux sans visage, de Georges Franju en 1960, puis Lucky Jo, de Michel Deville en 1964, où le vrai père joue un père fictif. Dernière séquence clin d'oeil et tout en émotion dans Les Acteurs de Bertrand Blier en 2000 où Claude Brasseur joue son propre rôle: son téléphone sonne dans la rue, c’est Pierre Brasseur qui l’appelle, puis qui lui passe Bernard Blier; Claude refile son portable à son metteur en scène, Bertrand. Sur le plan affectif, les deux hommes se sont ratés, mais Claude respectera toujours la carrière de son géniteur : « Mon père est mort ? Je ne sais pas, je l’ai vu hier soir à la télé ! »
La consécration arrive dans les années 1970s: c'est dans Les Seins de glace de Georges Lautner en 1974 qu'il se fait véritablement un nom au cinéma puis il remporte deux Césars, qu'il prend avec humour (« Depuis le temps qu’on me dit de me faire un prénom ! ») et humilité (« La popularité n’est pas un critère de qualité »). Le premier, en 1977, honore son interprétation de l’un des quatre copains d’Un éléphant ça trompe énormément, d’Yves Robert : il n’a accepté le rôle qu’à condition de donner à cet homosexuel l’allure d’un hétérosexuel, de ne « pas jouer les grandes folles ». Le second, en 1980, consacre le succès de La Guerre des polices, de Robin Davis, où il est un commissaire traquant un ennemi public.
Il joue le père de Sophie Marceau dans La Boum (en 1980) et La Boum 2 (en 1982), avant d'être réunis en couple dans Descente aux enfers (en 1986) qui créé la polémique: des scènes très érotiques émaillent le film entre l'acteur de 50 ans et la jeune comédienne d'âgée de 20 ans. A Europe 1, Claude Brasseur expliquera: « Jouer le père de Sophie Marceau dans La Boum... puis son amant dans Descente aux enfers quatre ans plus tard, est un choix qui m'a coûté très cher. Ça n’a pas surpris, ça a choqué. Quand Descente aux enfers est sorti, il y a eu une profusion de courriers adressés à Gaumont, à Sophie et moi. C'est tout juste si on ne m’accusait pas d’inceste »
Ses rôles, il les choisit au feeling, sans jamais se poser « la question de la reconnaissance », et sans aucun plan de carrière. Il refusera ainsi le rôle porteur, finalement tenu par Philippe Léotard, dans La Balance, de Bob Swaim, parce qu’il vient de faire La Guerre des polices et ne veut pas se spécialiser dans le polar. Il arrête aussi de jouer Le Dîner de cons au théâtre en plein triomphe, afin d’honorer ses contrats de cinémas ; Francis Veber lui en voudra tellement qu’il s’opposera à ce qu’il reprenne son rôle dans le film (Thierry Lhermitte le remplacera).
Fidèle lecteur de L’Equipe, Claude Brasseur aurait pu embrasser une carrière de sportif. Tenté par le vélo au point de s’entraîner avec le futur vainqueur du Tour de France Stephen Roche, il a été deux fois champion de France de bobsleigh (victime en 1963 d’un grave accident un avant les Jeux olympiques d’Innsbruck), il remporte le Paris-Dakar en 1983 comme copilote de Jacky Ickx, et joue au football dans l’équipe folklorique des Polymusclés. Mais la tradition familiale va éloigner ce grand bourru des terrains sportifs.
Il épouse en première noce Peggy Roche le 27 mars 1961, une mannequin et journaliste de mode (qui deviendra après leur divorce la compagne de Françoise Sagan ; elle meurt en 1991), puis, en 1970, Michèle Cambon, sœur de l'homme politique Christian Cambon, avec qui il a un fils, Alexandre Brasseur.
En 1985, il joue avec Nathalie Baye dans Détective. Peut-être son rôle le plus touchant, intériorisé, blessé. Une épreuve. Car durant le tournage, Jean-Luc Godard (qui l'avait déjà dirigé en 1964 dans Bande à part et vantait les qualités de l'acteur) se conduit cette fois-ci mal avec lui, et l’humilie : « Mon pauvre Claude, lui dit-il, il y a vingt ans tu avais encore quelques qualités, maintenant t’as tout perdu. Il ne te reste plus rien du tout. » Godard enfonce le clou dans les Cahiers du cinéma : « Claude est un bon acteur mais surévalué, qui ne sait plus ce qu’il doit faire, qui ne fait que de mauvais films… » (n° 373, juin 1985). L’acteur a la dignité de réagir positivement : « Quand on se fait traîner dans la merde, on est secoué et ça nettoie. »
La popularité l'accompagne toujours dans les années 2000: il joue le policier Franck Keller de 2003 à 2007 dans la série télévisée du même nom sur TF1; son rôle de beauf dans les trois Camping (2006, 2010 et 2016) de Fabien Oteniente le fait connaître de la jeune génération; il donne la réplique sur scène à son fils Alexandre Brasseur dans la pièce de Sacha Guitry Mon père avait raison en 2007-2008, et son dernier rôle au cinéma se tient en 2018 dans Tout le monde debout de et avec Franck Dubosc.
Hommage presse:
Quotidiens nationaux et Hebdomadaires
Claude Brasseur a donné la réplique à Brigitte Bardot
en 1961 dans La bride sur le cou de Roger Vadim
Il accompagne Brigitte dans la vidéo de la chanson Bubble Gum
diffusé dans le show télé "BB Show 1967"
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1952 - Portraits de Mode pour Noël
Portraits de mode de Brigitte Bardot avec un inconnu pour le Noël 1952
portraits pour le magazine Les Veillées des chaumières
- Magazine -
Les Veillées des Chaumières, 1955 - FRANCE
- Magazines-
Les Veillées des Chaumières, 14/07/1955 - FRANCE
Les Veillées des Chaumières, 16/06/1962 - FRANCE
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12/1951 - La robe tulle de Noël
Brigitte Bardot présente la robe tulle de Noël 1951
Une tenue portée pour le magazine Elle du 03/12/1951
Reportage du magazine ELLE NOËL - 03/12/1951
- Dans la presse -
Ginaika, 12/1952 - GRECE
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12/1958 - La mode Noël de Marie Claire
Brigitte Bardot présente la mode de Noël 1958
Deux tenues pour le magazine Marie Claire
> voir le magazine 12/1958 - Marie Claire
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