La fondation Bardot fait campagne contre la consommation de viande de cheval
article publié sur lexpress.fr
Par AFP, publié le 26/11/2009
PARIS - La fondation Bardot vient de lancer une campagne contre la consommation de viande de cheval et annoncé une proposition de loi pour modifier le statut juridique de la plus noble conquête de l'homme afin qu'elle ne finisse plus dans les assiettes.
> AFP/archives/Eric Feferberg
L'actrice française et activiste des droits des animaux Brigitte Bardot quitte l'Elysée, le 27 septembre 2007 à Paris
L'objet de cette proposition de loi, qui doit être déposée par Lionnel Luca, député (UMP) des Alpes-Maritimes, est de modifier la classification juridique de l'équidé (cheval, âne, poney...) pour que "d'animal de rente", il soit désormais classifié comme "animal de compagnie".
"Il semble légitime de reconnaître déjà le statut particulier du cheval, ami de l'homme. L'objet de cette proposition de loi est de mettre en concordance l'opinion de nos compatriotes et le statut juridique qui lui est réservé", précise le texte. Il rappelle que "le gouvernement a déjà pris en compte cette relation particulière qui unit l'homme au cheval" en autorisant l'incinération des chevaux.
Ainsi, depuis 1992, les chevaux de la garde républicaine ne sont plus envoyés à l'abattoir en fin de carrière, mais peuvent être rachetés par les cavaliers ou confiés, à titre gracieux à une association de protection animale.
L'abattage des chevaux est similaire celui des bovins. Ils reçoivent dans le cerveau une balle attachée à une tige métallique tirée par un pistolet. Ensuite, ils sont accrochés par une jambe à une chaîne et tués par saignée, en leur coupant la veine jugulaire et l'artère carotide.
> AFP/archives/Mychele Daniau
Un grand champion, le cheval Ourasi, le crack-trotteur, qui profite de sa retraite le 26 mars 2008 au haras de Pierrepont, près de Bayeux.
La fondation Bardot a présenté à la presse à Paris un film de six minutes, difficilement soutenable, sur les chevaux de boucherie.
L'association a réalisé son enquête de terrain en France et en Pologne, en caméra cachée, au cours des mois de septembre et octobre 2009.
On y voit notamment des animaux blessés qui sont transportés en camion pendant 48 heures sans être nourris ni abreuvés. Certains sont suspendus encore vivants à un crochet par une jambe avant d'être égorgés.
Jointe au téléphone par la fondation, Brigitte Bardot s'est dite "scandalisée" par les conditions de transport et d'abattages des chevaux. "J'ai le coeur retourné, je ne comprends pas cette déshumanisation", a-t-elle déclaré. "Je suis très choquée par ses images. J'avais l'impression que l'on ne mangeait plus de cheval", a dit l'actrice Mathilde Seigner, marraine de la campagne contre la consommation de viande à l'issue de la projection.
"J'ai deux chevaux et je n'imagine pas une seconde que l'on puisse manger du cheval, du chien ou du chat. Je suis en colère", a-t-elle ajouté.
De son côté, Lionel Luca a dit qu'il faisait "confiance" à Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, dans ce dossier.
En 2008, 15.820 chevaux ont été abattus pour leur viande en France, dont 7.220 importés vivants depuis la Pologne, l'Argentine et l'Espagne, selon la fondation Bardot.
Aujourd'hui, la consommation de viande chevaline "connaît une tendance baissière comme toutes les viandes de boucherie", a indiqué pour sa part Célia Pasquet, chargée de mission de l'interprofession Interbev-Equin (producteurs et vendeurs de viande de cheval). La consommation de viande chevaline en France a atteint 20.830 tonnes en 2008.